barefoot running ou minimalisme running

(crédit photo : cancocom )

Vous êtes nombreux à vous poser des questions sur le « Barefoot Running » et comme il y a un accroissement de la pratique du Barefoot en France, je vous re-publie cet article.

Le barefoot running est une discipline venant des Etats-Unis et qui consiste à pratiquer la course à pied (running) pied-nu (barefoot) ou avec des chaussures « minimalistes ».

Notre podologue du sport a testé pour vous cette pratique.

Cet article a pour objectif de mettre en lumière les inconvénients et les bienfaits de cette pratique, il faut savoir à ce jour qu’il n’y a pas d’études approfondies sur le sujet. Il y aura donc une approche très personnelle de cette discipline.

Vous pourrez ainsi pratiquer ou non le barefoot pendant vos séances d’entrainement Jiwok.

1) Débuts difficiles
Mon 1er contact avec le barefoot running fut très mauvais et remonte à août 2010 lors d’un voyage à New York. Lors d’une promenade dans Central Park je remarque de nombreux coureurs qui portent des chaussures ressemblant à des gants pour pieds, ce sont les fameuses chaussures minimalistes. Curieux et un peu sportif moi-même je m’arrête à la première boutique de sport que je trouve et je m’en achète une paire. Le soir même je prends mes chaussures minimalistes pour une petite course, je file le long de la Hudson River et là c’est le drame. Je suis obligé de m’arrêter au bout de 20 minutes à cause de douleurs intenses dans la plante du pied (j’ai les pieds plats et je souffre d’aponévrosite plantaire si je ne porte pas mes semelles orthopédiques pendant le sport). Je rentre donc à l’hôtel plutôt déçu et me disant que le barefoot running ce n’est pas fait pour les pieds plats.

Pendant la nuit, souffrant du décalage horaire, mon escapade ratée me turlupine beaucoup. Je prends donc mon ordinateur décidé de voir ce qu’Internet peut m’apporter sur le sujet, tout d’abord sur les forums je suis content de constater que je ne suis pas le seul à avoir eu ce problème. En approfondissant ma recherche quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’un des podologues du sport américain les plus connus au monde avaient publié un article sur le fait que le barefoot running était excellent pour les pieds plats et que cette pratique pouvait même permettre de restructurer l’arche interne du pied grâce à la mise en tension des muscles de la plante du pied pendant la course pied nu. Le petit bémol est que pour pouvoir apprécier le barefoot running encore faut-il avoir la bonne technique de course.

2) La technique de course
Mon problème étant que je cours (comme 75% à 80% des coureurs) en atterrissant sur mon talon et en ayant l’habitude que l’impact de mon corps soit amortit par les matériaux amortissant qui sont mis dans le talon de mes chaussures de sport. Cette technique de course qui en soit n’est pas « naturelle » est incompatible avec le port de chaussure minimaliste et cela déclenche des pathologies comme l’aponévrosite plantaire ou pire des fractures de fatigues liées à l’impact de mon pied au sol.
Le barefoot runner expérimenté sait pertinemment et à juste raison quand lorsqu’il court il doit limiter au maximum le contact talon/sol, il doit atterrir sur la plante du pied voir même directement sur l’avant pied. La longueur de la foulée doit être raccourcie et la cadence doit augmenter.

Les pros barefoot running tiennent comme discours que nous sommes biomécaniquement conçus pour courir de cette manière et que l’amortissement naturel lié au geste précis que font la jambe et le pied est suffisante pour éviter les douleurs. De plus le fait de ne pas atterrir sur le talon mais de dérouler la foulée de manière plus fluide en atterrissant sur l’avant pied permet de disperser les contraintes mécaniques ascendantes et donc d’épargner vos articulations sus jacentes notamment les genoux. Force est de constater que d’après les études biomécaniques récentes ils ont tout à fait raison de penser cela.

3) Le barefoot running, la solution miracle ?
D’après les études « sérieuses » réalisées sur le sujet le barefoot running semble être une solution évidente pour éviter les blessures et courir de manière la plus efficace possible avec une perte minimal d’énergie.

Fort de ces convictions à mon retour en France je me prépare un petit entrainement progressif pour m’habituer à mes chaussures minimalistes. Je me concentre bien à chaque foulée pour bien appliquer les conseils de mes illustres confrères outre-Atlantique, je me sens clairement mieux, ma foulée est efficace et une sensation de légèreté m’envahit pendant la course. Les séances se passent bien et les courbatures du début disparaissent aux profits d’une sensation de bien-être. En revanche un gros problème survient : mon aponévrosite flambe et des douleurs au tendon d’Achille apparaissent.

Vexer de ne pas réussir à vivre l’expérience barefoot running à son paroxysme je me plonge à nouveau dans mes recherches d’un point de vue beaucoup plus médical cette fois-ci. Là le verdict est sans appel, les blessures telles que aponévrosite plantaire, tendinopathie d’Achille et fracture de fatigue sont abondantes et fréquentes. Le motif de blessure le plus probable est que les sportifs se jettent de manière trop enthousiaste sur cette nouvelle mode et tentent de courir les mêmes distances dès les premières séances malgré ce changement important. Néanmoins les avis divergent beaucoup sur ce sujet et la question demeure toujours concernant la prévalence des blessures liées au barefoot running. Une autre question évidente se pose : si le barefoot running est considéré comme meilleur pour la santé du sportif et entraine une foulée plus efficace pourquoi dans la grande majorité des courses professionnelles ou amateurs n’y a-t-il que très peu de barefoot runners ?

4) Conclusion
Un point important soulevé par les antis barefoot est que nous sommes habitués dans le monde occidental a porté constamment des chaussures et que de faire du sport sans chaussures est dangereux pour notre santé.

Les pros barefoot hardcore vous tiendront comme discours que de porter des chaussures minimalistes c’est avoir tous les inconvénients du chaussage et du nu pied, seule la course à pied totalement déchaussé est valable.

Comme vous le constatez il y a un peu à boire et à manger pour tout le monde.

J’ai donc attendu que mes douleurs se résorbent et j’ai repris mon entrainement de manière beaucoup plus progressive et patiente. Je me suis finalement habitué à ces chaussures minimalistes et j’en tire aujourd’hui une grande satisfaction.

Mon opinion est que de passer de la course chaussée au barefoot running pur ou aux chaussures minimalistes nécessite un entrainement bien précis.

A partir de septembre 2012 dans une de nos cliniques en compagnie d’un médecin du sport, d’un ostéopathe et d’un kinésithérapeute nous allons mettre en place des protocoles d’entrainements spécifiques pour les sportifs qui souhaitent se mettre au barefoot running ou pour ceux qui ont échoué par le passé par manque d’informations sur la technique de course à adopter.

Alors pour ou contre le barefoot avec votre coach Jiwok ?

Daniel BENJAMIN
Podologue du sport

Référence :

http://www.barefootrunning.fas.harvard.edu/
http://well.blogs.nytimes.com/2012/03/21/making-the-case-for-running-shoes/
http://www.podiatrytoday.com/barefoot-versus-shod-running-which-best
http://www.reuters.com/article/2010/01/27/us-running-idUSTRE60Q6FA20100127
http://phys.org/news183817654.html
http://sportsci.org/jour/0103/mw.htm
http://barefootrunning.fas.harvard.edu/Nature2010_FootStrikePatternsandCollisionForces.pdf

About the author

Denis Dhekaier est le co-fondateur de Jiwok, spécialiste du coaching en running, course à pied, vélo d'appartement, vélo elliptique, tapis de course, de marche, natation. Find me on Google+

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