Dire des gros mots c'est bon pour votre entrainement

« Jurer peut booster votre force et réduire votre douleur physique pendant votre effort. »

Pour commencer 2018, voici des nouvelles études scientifiques qui devraient vous plaire !

Les études que je vous présenterais aujourd’hui ont démontré que jurer augmente le seuil de tolérance à la douleur, ainsi que la force et les performances physiques dans leur ensemble. Pour résumer, vous pouvez insulter votre coach Jiwok pendant vos séances, cela vous fera bien !

Ces recherches montrent que Mark Twain (écrivain américain) était dans le vrai lorsqu’il disait cette phrase connue : « Parfois, la vulgarité permet un certain soulagement que l’on ne trouverait même pas en priant. »

Richard Stephens, professeur de l’université britannique de Keele a présenté, à la Conférence Annuelles de la Société Psychologie Britannique de 2007, dans le cadre du colloque « Evaluation de l’Efficacité et de la Faisabilité des Interventions Emotionnelles Expressives. » son dernier article : Les effets de la vulgarité sur les performances physiques et mentales.

Pour cette étude, Richard Stephens et son équipe ont mené deux expériences. Lors de la première, les participants faisaient un test de puissance anaérobique – qui consistait en de courts et intenses efforts physiques sur un vélo d’appartement – avec et sans jurons.

Lors de la seconde, les participants faisaient un test de force isométrique et, encore une fois, avec et sans jurons.

Les résultats ont démontré que les participants avaient été meilleurs lorsqu’ils avaient juré.

Lors de cette conférence, Richard Stephens a déclaré : « Grâce à nos récentes recherches, nous savons que les personnes ont un meilleur seuil de tolérance à la douleur lorsqu’elles jurent. Nous pensons que les jurons stimulent le système nerveux sympathique du corps – le système qui fait battre votre cœur lorsque vous êtes en danger. Mais il nous faut encore comprendre le pouvoir des jurons.

Jurer semble être une forme de langage émotionnel. Peut-être que ce qui conduit à la distraction, c’est l’effet émotionnel de ces mots ; mais tout cela n’est que pure spéculation pour le moment. »

Richard Stephens a fait une étude de suivi de ces précédentes recherches dans laquelle ses collègues de l’université de Keele et lui-même ont démontré que jurer peut « diminuer la douleur ».

Cette étude de 2009, « Jurer en Réponse à la Douleur », a été publiée dans NeuroReport et il se trouve que les jurons augmentent le seuil de tolérance à la douleur et diminue la douleur perçue, contrairement au fait de ne pas jurer. (Les participants de cette étude ont du laisser leurs mains dans un bac rempli de glaçons deux fois plus longtemps en jurant par rapport à quelque qui utiliserait des « mots neutres ».)

Richard Stephens nous recommande ainsi de lâcher un juron lorsque l’on se blesse afin de mieux faire face à la douleur.

Nous savons tous que jurer nous libère et que cela dépasse la politesse dont on fait preuve tous les jours pour exprimer de fortes émotions. Une autre recherche, menée par Richard Stephens, fournit des preuves empiriques sur la corrélation entre les jurons et l’excitation émotionnelle.

Bien que jurer soit généralement considéré comme une façon grossière d’exprimer ses émotions, une étude de janvier 2017 a démontré que les personnes jurant sont considérées comme étant honnêtes et authentiques.

L’étude « la relation entre grossièreté et honnêteté » qui a été co-écrit par Michal Kosinski, de l’université de Stanford, et par David Stillwell, de l’université de Cambridge a démontré que dans de nombreuses cultures nationales, les gens grossiers ne sont pas vus comme étant menteurs et trompeurs.

Ainsi Richard Stephens résume les points importants à retenir sur sa dernière recherche concernant les jurons :

« Lorsque je donne des conférences sur les jurons, je finis généralement par parler de ce que des pilotes ont dit juste avant le crash mortel d’un avion – paroles qui sont enregistrées sur les boîtes noires – parce que la plupart d’entre eux ont juré à ce moment. Et ce n’est pas étonnant. J’utilise ces exemples pour souligner un point important : les jurons sont importants, compte tenu de leur utilisation dans des situations de vie ou de mort.  »

« Il semblerait que la relation réciproque entre jurer et ressentir des émotions ait été établie. Les jurons provoquent une réponse émotionnelle (comme cela a été démontré dans l’étude des jurons et de la douleur) et l’excitation émotionnelle facilite la fluidité des jurons.

Ces études psychologiques démontrent que les jurons sont bien plus qu’un délit de paroles ou qu’un manque linguistique. Le langage est une boîte à outil sophistiquée et les jurons en sont un composant utile. »

Voici un exemple d’utilisation de juron qui permet d’améliorer ses performances : Le père de l’auteur de l’étude est un neurochirurgien qui ne jure que très rarement. Cependant, un jour, il a avoué à son fils avoir un rituel avant chaque procédure chirurgicale ou situation critique : il se disait à lui-même « Don’t fuck up » (en français : « ne merde pas »).

Son père ne pouvait expliquer en quoi jurer l’aidait à se créer un état d’esprit optimal pendant chaque opération.

Mais il a appris ces trois mots, plus que d’autres, l’aidait à prendre conscience de la gravité de la situation dans le bloc opératoire et le maintenait sous pression et dans la « zone ».

En tant que sportif, vous pouvez opter pour ce type phase vulgaire afin de garder votre concentration et vous dépassez pendant votre entrainement ou pendant une course comme le semi, marathon ou trail.

Ce rituel pendant une longue course comme le marathon peut vous aider à vous dépasser et améliorer votre performance physique, votre endurance et votre tolérance à la douleur lorsque la situation était difficile.

Bien sûr, prescrire l’utilisation de mots injurieux pour améliorer la performance va à l’encontre des conseils aseptisés et « politiquement correct » qui sont généralement associés à des autopersuations positives.

Cela étant dit, au vue des éxpériences et des études, l’utilisation sélective de jurons semble fortifier l’enthousiasme et le courage nécessaires pour atteindre une performance maximale pendant les défis qui poussent vos limites sur et hors du terrain.

Par contre, il existe une limite à cette approche. En 2011, Richard Stephens a découvert que la sur-utilisation des mots injurieux minimisait leur efficacité anti-douleur.

Les sujets de test qui ont indiqué qu’ils ont juré régulièrement chaque jour, n’ont pas démontré autant d’amélioration de leurs scores de tolérance à la douleur que lorsqu’ils ont juré de temps en temps.

Ainsi, il est conseillé d’utiliser les jurons avec parcimonie dans le cadre d’un dialogue intérieur qui est prononcé sur un ton très bas qui ne serait pas audible par les concurrents ou les spectateurs.

Richard Stephens a également constaté que les participants à l’étude faisaient de leur mieux quand ils disaient utiliser pour jurer les mots de leur choix d’une voix «constante et claire» sans les crier.

Cela semblait empêcher les participants d’être trop émotifs ou excités.

Sur-utiliser les jurons est rustre et grossier. Je vous conseille de ne pas mal interpréter ces dernières découvertes sur les avantages améliorant la performance en jurant à haute voix comme une excuse pour devenir un vulgaire, rustre ou grossier.

Mais plutôt, d’utiliser les « gros mots », de temps en temps, pendant vos séances d’entrainement Jiwok pour vous dépasser.

About the author

Denis Dhekaier est le co-fondateur de Jiwok, spécialiste du coaching en running, course à pied, vélo d'appartement, vélo elliptique, tapis de course, de marche, natation. Find me on Google+

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